mercredi 9 avril 2008
La Loi 68 : une solution au problème de relève ?
Plus tôt cette semaine, on pouvait lire dans les médias « qu’un travailleur du secteur privé âgé de 55 ans dont le salaire est de 50 000 $ pourra bonifier son régime de retraite de 6 000 $ à 65 ans s’il demeure en emploi trois jours par semaine. » Un salarié pourra ainsi réduire progressivement sa semaine de travail sans subir de pénalité à son régime de retraite. Plus encore, il pourra même augmenter ses revenus !
L’objectif avoué de cette loi est d’encourager le maintien en emploi des travailleurs admissibles à la retraite afin d’atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre. Cette conciliation travail-retraite pourra également favoriser le transfert de connaissance aux jeunes générations, dans la mesure où un employeur profitera judicieusement de cette période pour assurer la communication entre le travailleur expérimenté et le nouvel arrivé.
Ainsi, les scénarios de joyeuses fins de carrière se dessinent. Il est permis de rêvasser. Mais, dans la pratique, est-ce que les entreprises accepteront d’assouplir leur horaire de travail ? Car attention, ces nouvelles dispositions ne donnent pas systématiquement à l’employé le droit à une retraite progressive. Elles retirent tout simplement certaines interdictions figurant actuellement dans la législation. L’employeur doit d’abord accepter le projet de départ graduel de son employé. Dans les milieux de travail, le discours entre employé et employeur conduira-t-il sur un terrain d’entente ? Surtout qu’ils seront de plus en plus nombreux les employés à vouloir en bénéficier. D’ici 10 ans, 150 000 Québécois seront admissibles à la retraite progressive.
Autre point : n’ai-je pas lu aussi, ailleurs dans la presse, que les Québécois travaillent en moyenne moins d’heures que les autres Nord-Américains. Mathématiquement parlant, la conciliation travail-retraite dont bénéficieront des milliers de personnes risque de faire baisser notre moyenne hebdomadaire de 35,5 heures ! Le détail est superflu et pas si important au fait, mais il dénote tout de même l’ombre d’un paradoxe…
mardi 19 février 2008
Le travail, c'est la santé
Selon Emploi-Québec, le taux d’activité des personnes âgées de 55 à 64 ans, après avoir chuté à 40 % au milieu dans les années 1990, s’est élevé à 52 % en 2006. Par contre, il est à noter que la participation des Québécois plus âgés au marché du travail demeure encore plus faible qu’ailleurs en Amérique du Nord.
Pour l’économie d’un pays, le travail d’un plus grand nombre est inhérent à sa santé ! Cela est évident. Comme nombreux départs à la retraite des baby-boomers ne seront pas remplacés par l’arrivée de nouveaux travailleurs, des pressions s’exerceront sur les régimes de retraite. La Régie des rentes du Québec estime que le nombre de bénéficiaires augmentera de 19 % d’ici 2011 et de 90 % d’ici 2030. Pour remédier à ce problème, l’Institut économique de Montréal propose de repousser à 67 ans l’âge normal de la retraite. Cette solution a notamment été adoptée aux États-Unis et en Allemagne. Certains sont pour, d’autres sont contre.
Tout compte fait, du côté des employeurs, qui peinent à trouver la main-d’œuvre qualifiée, il peut être intéressant de retenir ou de voir revenir les travailleurs plus âgés. Il s’agit en effet d’un bassin de travailleurs en mesure de réaliser des mandats ponctuels, du remplacement de personnel et, surtout, de transmettre leurs connaissances et leur savoir-faire à la relève.
Et pour ces travailleurs retraités ou en voie de l’être travailler plus longuement peut certainement comporter des avantages, si cela répond à leur désir de demeurer actifs, de rencontrer des gens, d’avoir un revenu plus satisfaisant, d’offrir leur service comme travailleur autonome, de satisfaire des ambitions de carrière non réalisées, etc.
Après tout « Le travail c’est la santé », chantait Henri Salvador. Mais ne répliquait-il pas aussi à la désinvolte que « Ne rien faire c’est la conserver ! ». Ah ! J’oubliais ! C’est que ce cher Henri, cet artiste qui cessa ses tournées après 70 ans de carrière, deux mois avant de s’éteindre à l’âge de 90 ans, ne travaillait pas. Il l’évoquait si aisément et si justement : « Moi, je ne travaille pas. Je fais ce qui me plaît » !