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vendredi 5 février 2010

Après les baby-boomers, les X et les Y : les C!

Les employeurs devront s’adapter!
Les baby-boomers, les X et les Y ont transformé les milieux de travail. D’autres changements sont à prévoir, car voilà que se pointent les C. Une fois de plus, les employeurs devront déployer leur capacité d’adaptation s’ils veulent attirer, recruter et fidéliser cette nouvelle génération de travailleurs!

Les C se composent de cette première génération de jeunes qui ont grandi avec l’ère du Web. Ils ont actuellement entre 12 et 24 ans, et c’est avec un naturel flagrant qu’ils ont recours aux nouvelles technologies. Au Québec, ils sont quelque 1,3 million. Représentant plus de 16 % de la population québécoise, ils sont presque aussi nombreux que les adultes de 25 à 37 ans ou de 51 à 63 ans!

Moteurs de transformations…
Les employeurs doivent se préparer à l’arrivée des C sur le marché du travail. Déposé en décembre dernier, le rapport-synthèse du Centre francophone d'informatisation des organisations (Cefrio) porte un titre pour le moins évocateur : « La génération C - Les 12-24 ans : moteurs de transformation des organisations ». On y retrouve de l’information sur cette nouvelle génération de travailleurs : leur grande utilisation du Web et divers outils technologiques, leur conception du travail, leurs critères de recherche d’emploi, etc. On y apprend notamment que :
  • Plus de la moitié recherche un poste stable et permanent.
  • Plus de 40 % guident leur recherche d’emploi en fonction du salaire et de la flexibilité, notamment en ce qui a trait aux horaires et au choix du lieu de travail.
  • 37 % aspirent à une carrière dans la fonction publique ou dans le secteur parapublic alors que 26 % envisagent davantage une carrière dans le secteur privé.
  • Seulement 13 % désirent devenir entrepreneur.
  • Parmi les moyens privilégiés par les C pour se trouver un emploi : 45 % fréquentent des sites comme Jobboom ou Workopolis, 40 % lisent les journaux et 33 % se tournent vers les sites des organisations qui les intéressent.
  • Pour être formés dans le cadre d’un nouvel emploi, ils sont nombreux à souhaiter apprendre en milieu de travail à l’aide des TI (37 % aimeraient que l’organisation utilise Internet ou des contenus multimédias).
  • Certaines interdictions actuellement en vigueur risquent même d’être désuètes dans un monde où les C occuperont la plupart des postes. Par exemple, on indique que « l’interdiction d’utiliser des outils comme MSN ou Facebook qui a cours dans de nombreux ministères ou organismes pourrait éventuellement nuire au recrutement et à la fidélisation de membres talentueux de la génération C. »
En somme, face à ce nombre grandissant de jeunes habitués aux nouvelles technologies, les organisations devront accepter d’apporter certains changements à leurs pratiques pour recruter, former et fidéliser. Ceci est d’autant plus vrai dans une perspective où la main-d’œuvre se fait de plus en plus rare. Elles devront tenir compte du fait que les C privilégient un milieu de travail ouvert où il est possible de collaborer, communiquer, connaître, créer, clavarder… C’est d’ailleurs pourquoi on les surnomme les C!

mardi 15 septembre 2009

Onde de choc démographique

Le marché du travail à effectifs réduits
C'est depuis au moins une dizaine d'années que l'on parle de la pénurie de main-d'œuvre qui frappera de plein fouet le marché du travail. Avec la crise économique, qui a touché sévèremment plusieurs industries au cours de la dernière année, on dirait que les éventuels problèmes de main-d'œuvre occupent de façon plus timide les tribunes. Peut-être même que certains employeurs espèrent que l'augmentation du chômage rendra les travailleurs plus disponibles et faciles à recruter ! Pourtant, récession ou pas, le choc démographique que s'apprête à vivre le Québec est bel et bien réel.

Les projections ne sont guères rassurantes... Dès 2013, le vieillissement de la population entraînera des problèmes accrus de recrutement de personnel qualifié, et plus encore au Québec puisque la proportion des 65 ans et plus y sera plus élevée qu'ailleurs au Canada.

2013 : l'heure de la décroissance
Dans son Point de vue économique, publié en mai dernier, Desjardins mentionne que la population du Québec est encore relativement jeune, mais que les premiers baby-boomers atteindront très bientôt l'âge de 65 ans. Il est écrit que : « Comme la vague de naissances survenue au cours de cette période (entre 1946 et 1966) a été relativement plus forte ici qu'ailleurs en Amérique du Nord, l'effet à venir sur le vieillissement de la population sera beaucoup plus marqué. Dans une quinzaine d'années, près du quart des habitants de la province seront âgés de 65 ans ou plus. »

Le vieillissement de la main-d'œuvre combiné au déclin de la population active (les 15 à 64 ans), qui, comme le révèle Statistique Canada, devrait s'amorcer dès 2013, place le Québec en bien mauvaise posture. La courbe démographique démontre qu'une diminution de la population active de 0,1 % à 0,4 % est prévue au Québec entre 2014 et 2021. Dans Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2006-2056, l'Institut de la statistique du Québec signale que c'est à partir de 2018 que l’effectif des 20-29 ans connaîtra sa chute la plus marquée : « On comptera alors quatre entrants potentiels sur le marché du travail pour cinq sortants éventuels. » D'ici à 2056, toujours selon les projections, l'indice de remplacement de la main-d'œuvre ne parviendra pas à reprendre son équilibre, soit un jeune susceptible d’entrer sur le marché du travail (20-29 ans) pour une personne en voie de prendre sa retraite (55-64 ans).

Faire face à un choc inévitable
Le nombre de naissances qu'enregistre le Québec depuis les dernières années élargira certainement le bassin de travailleurs, mais ce n'est qu'à long terme que l'on pourra voir ces nouvelles personnes être actives sur le marché du travail.

En fait, s'il existe une piste de solutions, elle se trouve peut-être dans un ensemble jumelé de mesures et d'actions qu'il faudra mettre ou continuer de développer pour repousser ou, mieux encore, amoindrir cette pression démographique liée à l'inévitable renversement de la pyramide des âges.

Parmi les avenues possibles, on salue évidemment les différentes mesures favorisant l'immigration et celles incitant à retarder la retraite. On parle également de l'intégration d'un maximum de personnes aptes à l'emploi, de davantage de flexibilité pour les travailleurs atypiques, d'une mobilité accrue de la main-d'œuvre entre les provinces et d'une plus grande reconnaissance des diplômes et des qualifications des immigrants.

Du côté des employeurs, le renouvellement de la main-d'œuvre demeure, depuis le début des années 2000, la préoccupation numéro un selon les sondages, mais pourtant les actions tardent... En effet, pour être attrayantes, conserver leur savoir, être entourées de personnel expérimenté et innover afin de maintenir ou augmenter leur productivité, les entreprises doivent investir. Si la question salariale est importante, il s'avère aussi nécessaire de se questionner sur les conditions de travail. Le fait est que l'arrivée des jeunes sur le marché du travail n'augmentera pas assez rapidement pour remplacer les travailleurs en fin de carrière et que pour détourner certains effets de la pénurie de main-d'œuvre, le capital humain constituera toujours un investissement rentable.

mercredi 10 septembre 2008

« Mini-baby-boom » au Québec : le taux de natalité à la rescousse du marché du travail ?

Le son de la cloche annonçant la fin de la récréation retentit à nouveau : c'est le début d'une nouvelle année scolaire ! Les élèves ont repris le chemin de l'école... Et, considérant les derniers chiffres, les petits nouveaux qui vivent leurs premiers jours de classe sont de plus en plus nombreux.

Le phénomène « mini-baby-boom » que se plaît à nommer les médias fait référence à la hausse des naissances que connaît le Québec depuis 2003. Tout particulièrement, en 2006, on a assisté à une hausse de la natalité de 8 % dans la belle province en accueillant 84 200 nouveaux nés. Cette même année, à Québec, cette augmentation a même atteint 10,1 %.

Notables, mais incomparables avec le baby-boom des années 1950 et 1960, les effets du « mini-baby-boom » se font déjà sentir sur les bancs d'école. Selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, la région de la Chaudière-Appalaches compte, cette année, 3929 enfants d'âge préscolaire, comparativement à 3856 l'an dernier.

L'augmentation des naissances notée au cours des dernières années résulterait de la conjoncture de plusieurs facteurs. Il convient néanmoins de remarquer qu'elle coïncide avec un marché de l'emploi favorable affichant un taux de chômage des plus bas et avec l'entrée en vigueur de congés parentaux plus généreux.

Une solution aux problèmes de main-d'oeuvre ?
Si la tendance se maintient, est-ce que la croissance actuelle du nombre de naissances permettra au marché du travail de faire face au vieillissement de la main-d'oeuvre ? Il ne faudrait pas se réjouir trop vite. Les constats d'une analyse, rendue publique le mois dernier par le département d'études économiques du Mouvement Desjardins, sont claires : ni la hausse de la fécondité, ni même l’immigration, ne règleront les problèmes de main-d’œuvre attribuables au vieillissement de la population du Québec.

L'analyse avance que « malgré une remontée du nombre de naissances au Québec, le nombre d’enfants par femme n’a que légèrement augmenté depuis 2005, passant de 1,5 à 1,7 en 2007. » Il savoir que le taux de fécondité nécessaire qui permet le remplacement des générations est de 2,1 enfants par femme. Nous sommes donc encore loin du compte !

De plus, l'onde de choc démographique qui touche le marché de l'emploi est imminente. « Or, même si ce seuil était atteint, plusieurs années (voire une vingtaine d'années) devraient s'écouler avant d'avoir un impact sur le bassin de la main-d'oeuvre de 15 à 64 ans, signale l'économiste Hélène Bégin dans le rapport de l'analyse. D’après les projections de Statistique Canada, la population âgée de 15 à 64 ans amorcera une baisse dès 2013... Il y a donc urgence d’exploiter d’autres avenues. »

Pour connaître plus en détails - graphiques à l'appui ! - les différents points mis en lumière par le département d'études économiques du Mouvement Desjardins, nous vous invitons à consulter le document « Économie du Québec : les effets pervers du choc démographique sont à nos portes » sur le site www.desjardins.com. Bonne lecture !