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jeudi 19 novembre 2009

Mobilité professionnelle entre la France et le Québec

Au jeu de la mobilité, la belle province sera-t-elle gagnante?
C'est dans un travail colossal que se sont lancés les gouvernements québécois et français pour arrimer, de part et d'autre de l'océan, les exigences professionnelles de métiers et professions réglementés. Un an plus tard, où en sont les travaux de l'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles?

Un an plus tard...
Dans un communiqué émis, en octobre dernier, alors que l'on célébrait le premier anniversaire de la signature de l'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, on affirme que la quasi-totalité des métiers et des professions a fait l'objet d'une revue détaillée afin de déterminer s'il était possible d'établir, entre les autorités françaises et québécoises chargées de la réglementation de chaque métier et profession, les conditions d'un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM). Résultats des travaux :

  • 11 ARM ont été signés à ce jour parmi les métiers réglementés. On retrouve, entre autres, les titres d'emploi suivants : briqueteur-maçon, carreleur, charpentier-menuisier, couvreur, mécanicien de machines fixes, peintre, etc. D'autres devraient voir le jour au cours de l'année 2010.
  • Du côté des professions, les 45 ordres professionnels visés par l'entente ont conclu 18 ARM depuis un an. Les plus récents touchent les architectes, les arpenteurs-géomètres, les avocats, les comptables agréés, les comptables généraux licenciés, les ingénieurs et les travailleurs sociaux.

Ainsi, dès 2010, les Québécois et les Français exerçant des professions et métiers dotés d'un ARM pourront présenter leur dossier et, ainsi, faire reconnaître plus rapidement et facilement leurs qualifications professionnelles, en France comme au Québec. Pour connaître tous les métiers et professions pour lesquels un ARM a été signé, rendez-vous sur le site du ministère des Relations internationales (www.mri.gouv.qc.ca, section « Grands dossiers », « reconnaissance des qualifications professionnelles »).

Le jeu de la mobilité...
La nouvelle est, somme toute, bonne pour les travailleurs qui lorgnent l'autre côté de l'Atlantique. Mais, à l'heure où le manque de main-d'œuvre spécialisée fait partie des préoccupations des employeurs québécois, y a-t-il lieu de s'inquiéter? Au jeu de la mobilité, la belle province sera-t-elle gagnante?

Si l'on considère les données de l'Institut de la statistique du Québec sur l'immigration, force est d'avouer que les données se montrent encourageantes. La France se classe 2e, tout juste derrière l'Algérie, comme pays de provenance de la clientèle immigrante au Québec. Entre 2004 et 2008, 17 503 Français se sont établis au Québec, ce qui représente 8 % de l'ensemble des immigrants.

Il convient cependant de préciser que le flux migratoire, qu'il provienne de la France ou d'ailleurs, n'est pas réparti également sur l'ensemble du territoire québécois. En 2007-2008, le Québec a enregistré un solde migratoire de 39 309 immigrants, toutes nationalités confondues. Fait intéressant : plus de 59 % étaient des travailleurs qualifiés. Pour sa part, la Capitale-Nationale a présenté un solde de 1 500 immigrants l'année dernière alors que la région de la Chaudière-Appalaches en est ressortie avec un solde négatif (- 5 personnes).

Certaines régions demeurent plus attractives que d'autres. Ainsi, dans plusieurs régions, les entreprises – si elles veulent tirer profit des avantages de cette entente entre la France et le Québec – devront faire des efforts considérables pour attirer les immigrants français et aller chercher auprès de cette clientèle la main-d'œuvre qualifiée dont elles ont besoin. L'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles profitera-t-elle à l'ensemble du Québec? C'est à partir de 2010 qu'on sera en mesure de tracer un bilan.

jeudi 23 octobre 2008

Réalisme ou utopisme ?

Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles
De la grande visite était de passage dans la Vieille Capitale, la fin de semaine dernière, à l'occasion du Sommet de la Francophonie. En effet, l'escale du président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, aura fait bien des vagues. Elle aura même ouvert les voiles vers une meilleure mobilité professionnelle entre le Québec et la France.

Avec la signature de l'Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, plusieurs organisations s'engagent à faciliter et accélérer l'accès à leur secteur d'activité. Au Québec, c'est notamment le cas du Barreau, du Collège des médecins, de l'Ordre des architectes, de l'Ordre des arpenteurs-géomètres, de l'Ordre des comptables agréés, de l'Ordre des comptables généraux licenciés, de l'Ordre des dentistes, de l'Ordre des ingénieurs, de l'Ordre des médecins vétérinaires, de l'Ordre des pharmaciens, de l'Ordre des sages-femmes et de l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux, qui ont décidé de s'entendre avec leurs homologues français sur la reconnaîssance de leurs compétences professionnelles.

Mais avant la concrétisation de cette entente, plusieurs étapes s'imposent. Tout d'abord, les autorités françaises et québécoises chargées de la réglementation pour chaque métier et profession doivent s'entendre sur les conditions d'un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM). Une trentaine de métiers et de professions prévoient y parvenir d'ici un an. Pour les autres, les travaux se poursuivront encore jusqu'en décembre 2010. L'arrimage de la formation et de l'expérience professionnelle entre les Français et les Québécois se fera-t-il simplement dans tous les métiers et professions visés ?

Il y a encore du travail sur la table, car, même une fois l’ARM d'un métier ou d'une profession conclu, quelques mois seront nécessaires pour procéder à l'adoption d'un règlement assurant son entrée en vigueur.

Pour mieux s'établir ou mieux partir...
L'Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles est une première entre l'Europe et l'Amérique ! Elle donne certainement des saveurs de modernisme aux autorités politiques qui démontrent à travers elle leur ouverture sur le monde pour faire face aux défis de la main-d'œuvre. « Grâce à cette entente nous comptons réduire de 50 % à 80 % les délais requis jusqu’à ce jour pour l’obtention du permis d’exercice », a fait savoir la ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay.

En effet, au Québec, l'apport de travailleurs qualifiés provenant d'ailleurs est sans conteste à privilégier. Il s'agit de l'une des solutions envisagées pour atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs d'activité. Mais cette entente parviendra-t-elle vraiment à augmenter l'attraction des travailleurs étrangers pour une région comme Chaudière-Appalaches, qui connaît un marché de l'emploi effervescent mais qui accueille à peine 0,3 % de la population immigrante au Québec (source : Conférence régionale des élus de la Chaudière-Appalaches, octobre 2007) ? Plus encore, cette entente vise la mobilité de la main-d'oeuvre qualifiée, celle qui se veut de plus en plus encline à vouloir vivre l'international et qui, dès lors, pourra facilement décider entre partir ou s'établir ici. Ne risque-t-on pas de voir s'envoler plusieurs de nos talents ? Le bilan des départs à l'étranger et des arrivées dans nos contrées sera-t-il positif ou négatif ? Matière à réflexion et à réaction !

Pour en savoir plus sur l'entente, consultez :