dimanche 14 mars 2010
Retenir, former et courtiser!
Parce que les candidats manquent trop souvent à l’appel…
Les candidats manquant trop souvent à l’appel, les entreprises se font plus créatives et plus stratégiques. De nouvelles tendances en matière de gestion des ressources humaines s’expriment sur le marché du travail. Voyons voir en quoi elles consistent!
Retenir ceux qui prévoient partir!
Les Québécois quittent en moyenne le marché du travail vers l’âge de 60 ans, soit cinq ans avant le moment prévu. Pour l’instant, il n’est pas question de relever l’âge de la retraite comme l’on fait des pays comme l’Allemagne et la Norvège. Ici, rester ou retourner au travail après avoir pris sa retraite est un choix personnel.
L’application de mesures incitatives pour retenir ceux qui prévoient partir s’avère de plus en plus utile, voire essentielle. Par exemple, depuis janvier 2009, la Loi 68 (consultez l’article : « La loi 68 : une solution au problème de relève? ») vise à encourager le maintien en emploi des travailleurs du secteur privé admissibles à la retraite en leur permettant de continuer à travailler, à temps plein ou partiel, sans subir de pénalité à leur régime de retraite.
Tout compte fait – vieillissement de la main-d’œuvre oblige! – les entreprises sont appelées à tirer profit de cette catégorie de travailleurs qui se fait souvent plus flexible, plus mature et qui possède généralement un imposant bagage de connaissances et d’expériences dans leur secteur d’activité.
Former ses futurs employés
Depuis les dernières années, les entreprises ont de plus en plus recours à des programmes de formation continue et de perfectionnement destinés à leurs employés. Plus qu’une obligation à remplir en vertu de la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (plus communément appelée la « loi du 1 % »), il s’agit d’un investissement qui permet d’augmenter le degré d’expertise de leur troupe, et du même coup leur enthousiasme!
Mais encore, comme les travailleurs détenant exactement les qualifications requises se font de plus en plus rares, plusieurs entreprises forment leur recrue dès l’embauche. Elles se lancent donc à la recherche de candidats intéressés à joindre leur rang et leur proposent, souvent en collaboration avec un établissement d’enseignement, une formation adaptée pour ajouter les éléments manquants à leur curriculum.
Regarder ailleurs…
Avec un taux de chômage en deçà de la moyenne provinciale, les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches voient en l’immigration un moyen de pallier à leurs besoins de main-d’œuvre.
Mais regarder ailleurs signifie également se faire connaître auprès des travailleurs des autres régions. La participation à des activités de promotion (les séjours exploratoires organisés par l’organisme Place aux jeunes du Québec, par exemple) est une façon pour les entreprises de courtiser des travailleurs de l’extérieur. La Chambre de commerce de Québec a d’ailleurs transporté ses pénates au début du mois au Salon Emploi Formation de Montréal dans le but de promouvoir les emplois offerts dans la Capitale-Nationale.
Le Web (le site de l’entreprise, les médias sociaux, les sites de recrutement, etc.) est également une vitrine de plus en plus utilisée pour informer les gens qui habitent à l’extérieur et qui pourraient être intéressés à déménager ici, s’ils y trouvent un emploi à la hauteur de leurs compétences et de leurs attentes!
vendredi 5 février 2010
Après les baby-boomers, les X et les Y : les C!
Les baby-boomers, les X et les Y ont transformé les milieux de travail. D’autres changements sont à prévoir, car voilà que se pointent les C. Une fois de plus, les employeurs devront déployer leur capacité d’adaptation s’ils veulent attirer, recruter et fidéliser cette nouvelle génération de travailleurs!
Les C se composent de cette première génération de jeunes qui ont grandi avec l’ère du Web. Ils ont actuellement entre 12 et 24 ans, et c’est avec un naturel flagrant qu’ils ont recours aux nouvelles technologies. Au Québec, ils sont quelque 1,3 million. Représentant plus de 16 % de la population québécoise, ils sont presque aussi nombreux que les adultes de 25 à 37 ans ou de 51 à 63 ans!
Moteurs de transformations…
Les employeurs doivent se préparer à l’arrivée des C sur le marché du travail. Déposé en décembre dernier, le rapport-synthèse du Centre francophone d'informatisation des organisations (Cefrio) porte un titre pour le moins évocateur : « La génération C - Les 12-24 ans : moteurs de transformation des organisations ». On y retrouve de l’information sur cette nouvelle génération de travailleurs : leur grande utilisation du Web et divers outils technologiques, leur conception du travail, leurs critères de recherche d’emploi, etc. On y apprend notamment que :
- Plus de la moitié recherche un poste stable et permanent.
- Plus de 40 % guident leur recherche d’emploi en fonction du salaire et de la flexibilité, notamment en ce qui a trait aux horaires et au choix du lieu de travail.
- 37 % aspirent à une carrière dans la fonction publique ou dans le secteur parapublic alors que 26 % envisagent davantage une carrière dans le secteur privé.
- Seulement 13 % désirent devenir entrepreneur.
- Parmi les moyens privilégiés par les C pour se trouver un emploi : 45 % fréquentent des sites comme Jobboom ou Workopolis, 40 % lisent les journaux et 33 % se tournent vers les sites des organisations qui les intéressent.
- Pour être formés dans le cadre d’un nouvel emploi, ils sont nombreux à souhaiter apprendre en milieu de travail à l’aide des TI (37 % aimeraient que l’organisation utilise Internet ou des contenus multimédias).
- Certaines interdictions actuellement en vigueur risquent même d’être désuètes dans un monde où les C occuperont la plupart des postes. Par exemple, on indique que « l’interdiction d’utiliser des outils comme MSN ou Facebook qui a cours dans de nombreux ministères ou organismes pourrait éventuellement nuire au recrutement et à la fidélisation de membres talentueux de la génération C. »
jeudi 24 décembre 2009
Les perspectives de l'emploi jusqu'en 2013
La fin d'une année incite à faire des prédictions sur celle à venir... Le Centre d'étude sur l'emploi et la technologie et de l'information sur le marché du travail d'Emploi-Québec a publié, le mois dernier, les perspectives professionnelles du marché du travail jusqu'en 2013. Un petit coup d'œil sur les prévisions annoncées pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches permet de constater qu’il y a des bonnes et des moins bonnes nouvelles.
Point fort
La Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches demeureront en tête de liste des régions affichant les plus faibles taux de chômage au Québec.
Selon les estimations, les taux de chômage de ces régions devraient avoisiner les 4,5 % en 2013. Elles se comparent avantageusement avec la région métropolitaine de Montréal, qui connaîtra un taux de chômage de 7 %. Le taux de chômage pour l’ensemble de la province en 2013 est, quant à lui, évalué à 6,8 %.
Point faible
La croissance annuelle de l'emploi sera au rendez-vous dans presque toutes les régions. Au Québec, 152 000 emplois seront créés d'ici 2013. Ce sera le secteur des services qui génèrera la majeure partie des emplois, notamment du côté des soins de santé et de l'assistance sociale, des services professionnels, scientifiques et techniques, du commerce au détail ainsi que des finances, des assurances, de l’immobilier et de la location.
Par contre, la croissance de l’emploi se fera plus timide sur la rive Nord et la rive Sud de Québec. Dans la Chaudière-Appalaches, le taux de croissance sera d'à peine 0,3 % alors que la moyenne provinciale est établie à 0,9 %. Il s’agit du troisième plus faible taux, tout juste devant le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l'Abitibi-Témiscamingue. Dans la Capitale-Nationale, il devrait se situer à 0,5 %.
« La création d’emplois sera freinée, d’une part, par la faiblesse de la croissance démographique et, d’autre part, par un taux de chômage peu élevé, qui réduit la disponibilité de la main-d’œuvre apte à occuper les nouveaux emplois », est-il écrit dans le rapport complet de l’étude qu’il est possible de consulter sur le site : http://cetech.gouv.qc.ca.
jeudi 19 novembre 2009
Mobilité professionnelle entre la France et le Québec
Au jeu de la mobilité, la belle province sera-t-elle gagnante?
C'est dans un travail colossal que se sont lancés les gouvernements québécois et français pour arrimer, de part et d'autre de l'océan, les exigences professionnelles de métiers et professions réglementés. Un an plus tard, où en sont les travaux de l'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles?
Un an plus tard...
Dans un communiqué émis, en octobre dernier, alors que l'on célébrait le premier anniversaire de la signature de l'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, on affirme que la quasi-totalité des métiers et des professions a fait l'objet d'une revue détaillée afin de déterminer s'il était possible d'établir, entre les autorités françaises et québécoises chargées de la réglementation de chaque métier et profession, les conditions d'un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM). Résultats des travaux :
- 11 ARM ont été signés à ce jour parmi les métiers réglementés. On retrouve, entre autres, les titres d'emploi suivants : briqueteur-maçon, carreleur, charpentier-menuisier, couvreur, mécanicien de machines fixes, peintre, etc. D'autres devraient voir le jour au cours de l'année 2010.
- Du côté des professions, les 45 ordres professionnels visés par l'entente ont conclu 18 ARM depuis un an. Les plus récents touchent les architectes, les arpenteurs-géomètres, les avocats, les comptables agréés, les comptables généraux licenciés, les ingénieurs et les travailleurs sociaux.
Ainsi, dès 2010, les Québécois et les Français exerçant des professions et métiers dotés d'un ARM pourront présenter leur dossier et, ainsi, faire reconnaître plus rapidement et facilement leurs qualifications professionnelles, en France comme au Québec. Pour connaître tous les métiers et professions pour lesquels un ARM a été signé, rendez-vous sur le site du ministère des Relations internationales (www.mri.gouv.qc.ca, section « Grands dossiers », « reconnaissance des qualifications professionnelles »).
Le jeu de la mobilité...
La nouvelle est, somme toute, bonne pour les travailleurs qui lorgnent l'autre côté de l'Atlantique. Mais, à l'heure où le manque de main-d'œuvre spécialisée fait partie des préoccupations des employeurs québécois, y a-t-il lieu de s'inquiéter? Au jeu de la mobilité, la belle province sera-t-elle gagnante?
Si l'on considère les données de l'Institut de la statistique du Québec sur l'immigration, force est d'avouer que les données se montrent encourageantes. La France se classe 2e, tout juste derrière l'Algérie, comme pays de provenance de la clientèle immigrante au Québec. Entre 2004 et 2008, 17 503 Français se sont établis au Québec, ce qui représente 8 % de l'ensemble des immigrants.
Il convient cependant de préciser que le flux migratoire, qu'il provienne de la France ou d'ailleurs, n'est pas réparti également sur l'ensemble du territoire québécois. En 2007-2008, le Québec a enregistré un solde migratoire de 39 309 immigrants, toutes nationalités confondues. Fait intéressant : plus de 59 % étaient des travailleurs qualifiés. Pour sa part, la Capitale-Nationale a présenté un solde de 1 500 immigrants l'année dernière alors que la région de la Chaudière-Appalaches en est ressortie avec un solde négatif (- 5 personnes).
Certaines régions demeurent plus attractives que d'autres. Ainsi, dans plusieurs régions, les entreprises – si elles veulent tirer profit des avantages de cette entente entre la France et le Québec – devront faire des efforts considérables pour attirer les immigrants français et aller chercher auprès de cette clientèle la main-d'œuvre qualifiée dont elles ont besoin. L'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles profitera-t-elle à l'ensemble du Québec? C'est à partir de 2010 qu'on sera en mesure de tracer un bilan.
jeudi 8 octobre 2009
Grippe A (H1N1) : une menace pour nos entreprises?
Après la crise économique, une nouvelle menace plane sur la tête des entreprises : la grippe A (H1N1). En cas de pandémie, celles-ci seront inévitablement touchées. Dans un contexte où le nombre d'employés absents pourrait atteindre un taux catastrophique, la productivité des entreprises pourrait être bouleversée. Le télétravail serait-il une solution à la poursuite des activités?
« Selon un scénario établi par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le tiers de la population de la province pourrait être infecté advenant une pandémie. Ce qui se traduirait par un taux d'absentéisme très élevé au sein des entreprises », écrivait Les Affaires, le mois dernier. Dans les grandes entreprises, si les pires scénarios de la pandémie se réalisent, on estime que le taux d'absence pourrait atteindre entre 30 et 60 %.
Si on s'entend pour dire que les entreprises doivent se préparer à affronter une éclosion de la grippe A (H1N1), en élaborant notamment leur plan de continuité, la réalité démontre qu'elles ne sont pas prêtes. Comme le révèle un sondage dévoilé cet automne par la Chambre de commerce de Québec : « La majorité des employeurs de la Capitale se disent majoritairement préoccupés par la grippe... Mais ils ne sont pas préparés à faire face à l'absentéisme massif que pourrait provoquer une pandémie. »
Les technologies à la rescousse? Le télétravail, une solution?
En effet, si une vague grippale frappe la population, plusieurs employés pourraient être contraints de quitter le navire. Dès lors, les entreprises, dont les effectifs seront brusquement réduits, seraient amenées à revoir leur façon de travailler, voire à faire preuve de flexibilité dans l'aménagement de leurs heures et de leurs lieux de travail. À cet égard, le télétravail est perçu comme une alternative intéressante pour plusieurs milieux.
Déjà nombreuses à utiliser régulièrement la téléconférence, les organisations pourraient se tourner vers les technologies de l'information à distance pour limiter les risques de contamination et maintenir leur productivité. Actuellement, au Québec, le télétravail est effectué par à peine 4 % de la population active – selon le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). Souvent boudé par les organisations, le télétravail trouverait-il son envol en marge de la pandémie? Assisterons-nous à l'éclatement de nos méthodes traditionnelles de travail?
Mais avant de voir des milliers d'employés partir vers la maison pour travailler en ligne, les organisations doivent anticiper et se préparer à assurer la poursuite de leurs activités en prévision du pire. Un point de départ à leur démarche : le site www.pandemiequebec.ca, lequel comprend des sections spécialement réservées aux entreprises et aux municipalités, où l'on propose des guides pour la planification de la continuité des opérations en cas de pandémie. Des lectures qui s'imposent!