jeudi 24 décembre 2009

Les perspectives de l'emploi jusqu'en 2013

Taux de chômage et croissance de l’emploi dans la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches : des bonnes et des moins bonnes nouvelles!

La fin d'une année incite à faire des prédictions sur celle à venir... Le Centre d'étude sur l'emploi et la technologie et de l'information sur le marché du travail d'Emploi-Québec a publié, le mois dernier, les perspectives professionnelles du marché du travail jusqu'en 2013. Un petit coup d'œil sur les prévisions annoncées pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches permet de constater qu’il y a des bonnes et des moins bonnes nouvelles.

Point fort
La Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches demeureront en tête de liste des régions affichant les plus faibles taux de chômage au Québec.

Selon les estimations, les taux de chômage de ces régions devraient avoisiner les 4,5 % en 2013. Elles se comparent avantageusement avec la région métropolitaine de Montréal, qui connaîtra un taux de chômage de 7 %. Le taux de chômage pour l’ensemble de la province en 2013 est, quant à lui, évalué à 6,8 %.

Point faible
La croissance annuelle de l'emploi sera au rendez-vous dans presque toutes les régions. Au Québec, 152 000 emplois seront créés d'ici 2013. Ce sera le secteur des services qui génèrera la majeure partie des emplois, notamment du côté des soins de santé et de l'assistance sociale, des services professionnels, scientifiques et techniques, du commerce au détail ainsi que des finances, des assurances, de l’immobilier et de la location.

Par contre, la croissance de l’emploi se fera plus timide sur la rive Nord et la rive Sud de Québec. Dans la Chaudière-Appalaches, le taux de croissance sera d'à peine 0,3 % alors que la moyenne provinciale est établie à 0,9 %. Il s’agit du troisième plus faible taux, tout juste devant le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l'Abitibi-Témiscamingue. Dans la Capitale-Nationale, il devrait se situer à 0,5 %.

« La création d’emplois sera freinée, d’une part, par la faiblesse de la croissance démographique et, d’autre part, par un taux de chômage peu élevé, qui réduit la disponibilité de la main-d’œuvre apte à occuper les nouveaux emplois », est-il écrit dans le rapport complet de l’étude qu’il est possible de consulter sur le site : http://cetech.gouv.qc.ca.

jeudi 19 novembre 2009

Mobilité professionnelle entre la France et le Québec

Au jeu de la mobilité, la belle province sera-t-elle gagnante?
C'est dans un travail colossal que se sont lancés les gouvernements québécois et français pour arrimer, de part et d'autre de l'océan, les exigences professionnelles de métiers et professions réglementés. Un an plus tard, où en sont les travaux de l'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles?

Un an plus tard...
Dans un communiqué émis, en octobre dernier, alors que l'on célébrait le premier anniversaire de la signature de l'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, on affirme que la quasi-totalité des métiers et des professions a fait l'objet d'une revue détaillée afin de déterminer s'il était possible d'établir, entre les autorités françaises et québécoises chargées de la réglementation de chaque métier et profession, les conditions d'un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM). Résultats des travaux :

  • 11 ARM ont été signés à ce jour parmi les métiers réglementés. On retrouve, entre autres, les titres d'emploi suivants : briqueteur-maçon, carreleur, charpentier-menuisier, couvreur, mécanicien de machines fixes, peintre, etc. D'autres devraient voir le jour au cours de l'année 2010.
  • Du côté des professions, les 45 ordres professionnels visés par l'entente ont conclu 18 ARM depuis un an. Les plus récents touchent les architectes, les arpenteurs-géomètres, les avocats, les comptables agréés, les comptables généraux licenciés, les ingénieurs et les travailleurs sociaux.

Ainsi, dès 2010, les Québécois et les Français exerçant des professions et métiers dotés d'un ARM pourront présenter leur dossier et, ainsi, faire reconnaître plus rapidement et facilement leurs qualifications professionnelles, en France comme au Québec. Pour connaître tous les métiers et professions pour lesquels un ARM a été signé, rendez-vous sur le site du ministère des Relations internationales (www.mri.gouv.qc.ca, section « Grands dossiers », « reconnaissance des qualifications professionnelles »).

Le jeu de la mobilité...
La nouvelle est, somme toute, bonne pour les travailleurs qui lorgnent l'autre côté de l'Atlantique. Mais, à l'heure où le manque de main-d'œuvre spécialisée fait partie des préoccupations des employeurs québécois, y a-t-il lieu de s'inquiéter? Au jeu de la mobilité, la belle province sera-t-elle gagnante?

Si l'on considère les données de l'Institut de la statistique du Québec sur l'immigration, force est d'avouer que les données se montrent encourageantes. La France se classe 2e, tout juste derrière l'Algérie, comme pays de provenance de la clientèle immigrante au Québec. Entre 2004 et 2008, 17 503 Français se sont établis au Québec, ce qui représente 8 % de l'ensemble des immigrants.

Il convient cependant de préciser que le flux migratoire, qu'il provienne de la France ou d'ailleurs, n'est pas réparti également sur l'ensemble du territoire québécois. En 2007-2008, le Québec a enregistré un solde migratoire de 39 309 immigrants, toutes nationalités confondues. Fait intéressant : plus de 59 % étaient des travailleurs qualifiés. Pour sa part, la Capitale-Nationale a présenté un solde de 1 500 immigrants l'année dernière alors que la région de la Chaudière-Appalaches en est ressortie avec un solde négatif (- 5 personnes).

Certaines régions demeurent plus attractives que d'autres. Ainsi, dans plusieurs régions, les entreprises – si elles veulent tirer profit des avantages de cette entente entre la France et le Québec – devront faire des efforts considérables pour attirer les immigrants français et aller chercher auprès de cette clientèle la main-d'œuvre qualifiée dont elles ont besoin. L'Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles profitera-t-elle à l'ensemble du Québec? C'est à partir de 2010 qu'on sera en mesure de tracer un bilan.

jeudi 8 octobre 2009

Grippe A (H1N1) : une menace pour nos entreprises?

Concilier productivité et taux d'absence élevé
Après la crise économique, une nouvelle menace plane sur la tête des entreprises : la grippe A (H1N1). En cas de pandémie, celles-ci seront inévitablement touchées. Dans un contexte où le nombre d'employés absents pourrait atteindre un taux catastrophique, la productivité des entreprises pourrait être bouleversée. Le télétravail serait-il une solution à la poursuite des activités?

« Selon un scénario établi par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le tiers de la population de la province pourrait être infecté advenant une pandémie. Ce qui se traduirait par un taux d'absentéisme très élevé au sein des entreprises », écrivait Les Affaires, le mois dernier. Dans les grandes entreprises, si les pires scénarios de la pandémie se réalisent, on estime que le taux d'absence pourrait atteindre entre 30 et 60 %.

Si on s'entend pour dire que les entreprises doivent se préparer à affronter une éclosion de la grippe A (H1N1), en élaborant notamment leur plan de continuité, la réalité démontre qu'elles ne sont pas prêtes. Comme le révèle un sondage dévoilé cet automne par la Chambre de commerce de Québec : « La majorité des employeurs de la Capitale se disent majoritairement préoccupés par la grippe... Mais ils ne sont pas préparés à faire face à l'absentéisme massif que pourrait provoquer une pandémie. »

Les technologies à la rescousse?
Le télétravail, une solution?
En effet, si une vague grippale frappe la population, plusieurs employés pourraient être contraints de quitter le navire. Dès lors, les entreprises, dont les effectifs seront brusquement réduits, seraient amenées à revoir leur façon de travailler, voire à faire preuve de flexibilité dans l'aménagement de leurs heures et de leurs lieux de travail. À cet égard, le télétravail est perçu comme une alternative intéressante pour plusieurs milieux.

Déjà nombreuses à utiliser régulièrement la téléconférence, les organisations pourraient se tourner vers les technologies de l'information à distance pour limiter les risques de contamination et maintenir leur productivité. Actuellement, au Québec, le télétravail est effectué par à peine 4 % de la population active – selon le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). Souvent boudé par les organisations, le télétravail trouverait-il son envol en marge de la pandémie? Assisterons-nous à l'éclatement de nos méthodes traditionnelles de travail?

Mais avant de voir des milliers d'employés partir vers la maison pour travailler en ligne, les organisations doivent anticiper et se préparer à assurer la poursuite de leurs activités en prévision du pire. Un point de départ à leur démarche : le site www.pandemiequebec.ca, lequel comprend des sections spécialement réservées aux entreprises et aux municipalités, où l'on propose des guides pour la planification de la continuité des opérations en cas de pandémie. Des lectures qui s'imposent!

mardi 15 septembre 2009

Onde de choc démographique

Le marché du travail à effectifs réduits
C'est depuis au moins une dizaine d'années que l'on parle de la pénurie de main-d'œuvre qui frappera de plein fouet le marché du travail. Avec la crise économique, qui a touché sévèremment plusieurs industries au cours de la dernière année, on dirait que les éventuels problèmes de main-d'œuvre occupent de façon plus timide les tribunes. Peut-être même que certains employeurs espèrent que l'augmentation du chômage rendra les travailleurs plus disponibles et faciles à recruter ! Pourtant, récession ou pas, le choc démographique que s'apprête à vivre le Québec est bel et bien réel.

Les projections ne sont guères rassurantes... Dès 2013, le vieillissement de la population entraînera des problèmes accrus de recrutement de personnel qualifié, et plus encore au Québec puisque la proportion des 65 ans et plus y sera plus élevée qu'ailleurs au Canada.

2013 : l'heure de la décroissance
Dans son Point de vue économique, publié en mai dernier, Desjardins mentionne que la population du Québec est encore relativement jeune, mais que les premiers baby-boomers atteindront très bientôt l'âge de 65 ans. Il est écrit que : « Comme la vague de naissances survenue au cours de cette période (entre 1946 et 1966) a été relativement plus forte ici qu'ailleurs en Amérique du Nord, l'effet à venir sur le vieillissement de la population sera beaucoup plus marqué. Dans une quinzaine d'années, près du quart des habitants de la province seront âgés de 65 ans ou plus. »

Le vieillissement de la main-d'œuvre combiné au déclin de la population active (les 15 à 64 ans), qui, comme le révèle Statistique Canada, devrait s'amorcer dès 2013, place le Québec en bien mauvaise posture. La courbe démographique démontre qu'une diminution de la population active de 0,1 % à 0,4 % est prévue au Québec entre 2014 et 2021. Dans Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2006-2056, l'Institut de la statistique du Québec signale que c'est à partir de 2018 que l’effectif des 20-29 ans connaîtra sa chute la plus marquée : « On comptera alors quatre entrants potentiels sur le marché du travail pour cinq sortants éventuels. » D'ici à 2056, toujours selon les projections, l'indice de remplacement de la main-d'œuvre ne parviendra pas à reprendre son équilibre, soit un jeune susceptible d’entrer sur le marché du travail (20-29 ans) pour une personne en voie de prendre sa retraite (55-64 ans).

Faire face à un choc inévitable
Le nombre de naissances qu'enregistre le Québec depuis les dernières années élargira certainement le bassin de travailleurs, mais ce n'est qu'à long terme que l'on pourra voir ces nouvelles personnes être actives sur le marché du travail.

En fait, s'il existe une piste de solutions, elle se trouve peut-être dans un ensemble jumelé de mesures et d'actions qu'il faudra mettre ou continuer de développer pour repousser ou, mieux encore, amoindrir cette pression démographique liée à l'inévitable renversement de la pyramide des âges.

Parmi les avenues possibles, on salue évidemment les différentes mesures favorisant l'immigration et celles incitant à retarder la retraite. On parle également de l'intégration d'un maximum de personnes aptes à l'emploi, de davantage de flexibilité pour les travailleurs atypiques, d'une mobilité accrue de la main-d'œuvre entre les provinces et d'une plus grande reconnaissance des diplômes et des qualifications des immigrants.

Du côté des employeurs, le renouvellement de la main-d'œuvre demeure, depuis le début des années 2000, la préoccupation numéro un selon les sondages, mais pourtant les actions tardent... En effet, pour être attrayantes, conserver leur savoir, être entourées de personnel expérimenté et innover afin de maintenir ou augmenter leur productivité, les entreprises doivent investir. Si la question salariale est importante, il s'avère aussi nécessaire de se questionner sur les conditions de travail. Le fait est que l'arrivée des jeunes sur le marché du travail n'augmentera pas assez rapidement pour remplacer les travailleurs en fin de carrière et que pour détourner certains effets de la pénurie de main-d'œuvre, le capital humain constituera toujours un investissement rentable.

jeudi 11 juin 2009

Les entrepreneurs d'expérience, une denrée rare?

Au Québec, les PME emploient près de la moitié de la main-d'œuvre, et elles sont à l'origine de la majeure partie des nouveaux emplois qui sont créés chaque année. Comme quoi, les entrepreneurs donnent de la vitalité au marché du travail. La belle province serait-elle un modèle à suivre en matière d'entrepreneuriat? Certains chiffres risquent de décevoir.

Il est vrai qu'avec dans son sillon des Bernard Lemaire (Cascades), Alain Bouchard (dépanneurs Couche-tard), et Jean Coutu, qui n'a plus besoin de présentation, nous sommes portés à croire que le Québec fait belle figure. Les qualités d'affaires de ces hommes sont indéniables, mais le hic est que les entrepreneurs québécois d'expérience seraient trop peu nombreux.

L'« indice entrepreneuriale québécois », développé par la Fondation de l'entrepreneurship en collaboratin avec Léger Marketing, dévoile des résultats pour le moins étonnants et inquiétants sur le sujet. Comparativement au reste du Canada, le Québec compterait près de deux fois moins d'entrepreneurs. Pire encore, nos nouvelles entreprises seraient plus fragiles et 57 % d'entre elles (contre 47 % dans le reste du pays) agoniseraient au cours de leurs cinq premières années d'existence.

Une lumière au bout du tunnel?
Une petite lumière au tableau subsiste néanmoins : le goût de l'entrepreneuriat se fait largement sentir du côté des jeunes Québécois. Plus de 80 % d'entre eux se lancent dans l’aventure entrepreneuriale pour la première fois. Alors qu'ailleurs au Canada, c'est le cas d'environ 50 % des jeunes de 18 à 34 ans. Cela nous permet donc de croire qu'il y a un bassin important de futurs entrepreneurs au Québec.

Là où le bât blesse – et on en arrive à une autre donnée préoccupante : la ténacité des entrepreneurs québécois. Ils seraient plus nombreux à baisser les bras à la suite d'une première expérience infructueuse. Le nombre d’entrepreneurs ayant démarré plus de trois entreprises au Canada est de 20 %; au Québec, le pourcentage tend à diminuer à 17 %. Comme l'indique la Fondation de l'entrepreneurship, dans le reste du pays, on prône que « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » (en l'occurence que c'est par l'expérience qu'on devient un bon entrepreneur!). Mais, au Québec, le manque d'expérience et la peur de l'échec portent davantage à adopter le comportement du « chat échaudé craint l'eau froid ».

Les données révélées ci-haut ont peut-être de quoi faire tomber l'image du « Québécois excellents entrepreneurs ». Mais surtout, elles constituent le point de départ à toute une réflexion sur la préparation de la relève qui désire se lancer en affaires. Le déploiement d'un Réseau national de mentorat d’affaires, annoncé le mois dernier, figure parmi les moyens avancés pour stimuler et soutenir les débuts de nos jeunes entrepreneurs. L'un de ses objectifs est de permettre, d’ici deux ans, le jumelage entre 5 000 entrepreneurs et près de 3 000 mentors par année. Sans doute, un pas dans la bonne direction pour multiplier les connaissances de nos entrepreneurs d'expérience et pour donner l'occasion à la relève de découvrir toutes les facettes de l'entrepreneuriat, incluant ses hauts et ses bas, ses minutes de gloire comme ses moments plus difficiles.