samedi 6 décembre 2008

Crise économique : doit-on avoir peur pour nos emplois ?

La crise financière fait trembler les plus grandes économies du monde. Aux États-Unis, le pouvoir d'achat des consommateurs s’effrite et des géants de l'industrie automobile tentent d'éviter de se placer sous la loi de la faillite. Le Japon, seconde économie mondiale, risque même d'enregistrer son plus désastreux trimestre depuis les 40 dernières années !

L'Organisation internationale du travail de l'ONU estime à 20 millions le nombre de personnes supplémentaires qui se retrouveront au chômage sur la planète dû à la crise financière mondiale. Est-il réaliste de penser que les mauvaises nouvelles qui balayent les économies du monde entier n'atteignent pas le Québec ?

Le Québec et la crise financière
La semaine dernière, les économistes du Mouvement Desjardins affirmaient que la belle province « pourrait s'en tirer avec une récession ayant des effets plus limités sur l'emploi et la consommation. » Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le Québec présente un tableau moins sombre comparativement à d'autres endroits, au Canada et dans le monde, au prise avec une sévère récession.

Tout d'abord, l'économie québécoise ne dépend ni de l'industrie automobile ni de l'industrie pétrolière, comme c'est respectivement le cas en Ontario et dans l'Ouest canadien. De plus, les investissements de l'ordre de 15 milliards $, octroyés dans le cadre du plan d'investissement public, apporteront un support à l'emploi. Ceux-ci prévoient la réalisation de travaux à la grandeur du territoire pour remettre à neuf des routes, des ponts et autres édifices au cours des deux prochaines années.

Est-ce suffisant pour atténuer les effets de la dégringolade financière ? Car, d'un autre côté, il ne faut pas oublier qu'une grande part des exportations québécoises dépend de nos voisins du Sud. Si la demande des américains pour des produits québécois n'est pas au rendez-vous, il est difficile de croire que le secteur manufacturier, par exemple, soit peu touché. Sans compter que la situation engendre un appel à la prudence chez les investisseurs privés comme chez les consommateurs. Malgré les baisses d'impôt de 2 milliards $ annoncées par les gouvernements provincial et fédéral, plusieurs entreprises du commerce de détail anticipent une baisse de leurs profits, et ce, même en pleine période des fêtes !

Une situation encore incertaine
« Au Québec, on cherche encore les mauvaises nouvelles. L’emploi est solide, le taux de chômage est faible et le marché immobilier se tient », affirmait récemment l'économiste Hélène Bégin. Mais l'avenir n'en demeure pas moins incertain, tout particulièrement si la récession américaine outrepasse l'hiver 2009.

Dans les organisations, le climat d'incertitude et le présage d'une récession peuvent affecter le moral des travailleurs, indiquait à son tour M. Florent Francoeur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA), dans un communiqué publié un peu plus tôt cet automne. Dans celui-ci on révélait également que plus de 90 % des travailleurs sont d'avis que la crise économique aura un impact négatif sur les emplois au Québec. « Cela nous ramène à l’importance pour les employeurs de bien communiquer avec leurs employés, de leur faire connaître la position de l’organisation face au ralentissement économique. Il faut éviter les rumeurs et les craintes non fondées qui sont des sources de stress contre-productives. Dans un tel contexte, les gestionnaires ont avantage à communiquer clairement et en toute transparence les objectifs qu’ils peuvent être appelés à réviser afin de garder leurs troupes bien mobilisées. »

jeudi 6 novembre 2008

Postes qualifiés plus que jamais difficiles à combler

Une nouvelle étude sur les besoins de main-d'oeuvre dans Chaudière-Appalaches

Face aux inquiétantes projections démographiques, on voit de plus en plus défiler des études qui tentent de mieux comprendre, mais surtout de trouver des pistes d'action pour contrer les effets de la pénurie de main-d'oeuvre au Québec.

L'une des dernières études publiées touche la région de la Chaudière-Appalaches, où près de 35 000 postes seront à combler d’ici 2011. Menée par la Conférence régionale des élus de la Chaudière-Appalaches (CRÉ) et Emploi-Québec Chaudière-Appalaches, l'Enquête sur les besoins de main-d'oeuvre et les caractéristiques des entreprises de la région de la Chaudière-Appalaches présente des données recueillies, au cours de l'année 2007, auprès de 2 194 entreprises composées de plus de cinq employés. L'intérêt de cette enquête est qu'elle apporte de nouvelles données (tels les postes vacants, les intentions d’embauches, la formation, les départs à la retraite, la gestion des ressources humaines, etc.) sur les caractéristiques des secteurs d'activités et des MRC de notre région.

Nous vous présentons, en guise de résumé, quelques données intéressantes ressorties par l'enquête :
  • La région de la Chaudière-Appalaches compte une importante proportion d'entreprises de petite taille : au moment de l'enquête, 66 % comptaient moins de 20 employés alors que 13 % en comptait plus de 50.

  • Près du tiers des entreprises subissent des variations saisonnières d'emplois.

  • Plus de 20 % des entreprises indiquent que leur nombre d'employés est en augmentation alors que 2,5 % indiquent une décroissance de l'emploi.

  • Lors de l'enquête 1 267 postes étaient vacants : 58,9 % étaient des nouveaux postes et 32,7 % des remplacements définitifs (retraite, départ volontaire, congédiement, etc.). De plus, les entreprises interrogées ont mentionné vouloir embaucher 2 847 personnes au cours de la prochaine année.

  • Une proportion encore importante de postes à pourvoir nécessite peu de scolarité ou d'expérience : on constate que près de 32 % des postes à combler dans la prochaine année ne nécessiteront aucune scolarité et pour 42 % aucune expérience. Toutefois les postes encore vacants présentent des proportions plus élevées de postes nécessitant scolarité et expérience (21,3 % exigent un diplôme d'études professionnelles, 18,6 % un diplôme d'études collégiales et 13,5% un diplôme universitaire).

  • Tout secteur d'activité confondu, la difficulté à recruter des employés qualifiés et compétents figure en tête de liste des problèmes rencontrés en gestion des ressources humaines. C'est le cas de 63 % des entreprises.

  • Plusieurs métiers relativement spécialisés sont difficiles à combler. Parmi eux, figurent les teinturiers, les finisseurs de produits textiles, les ingénieurs, les surveillants à la fabrication, les techniciens en mécanique, les opérateurs de machines et les estimateurs en construction.

  • Parmi les moyens utilisés par les entreprises pour pourvoir leurs besoins de main-d'œuvre, la recommandation de candidats par une personne oeuvrant dans l'établissement arrive devant les banques de CV des entreprises et l'affichage de postes dans les journaux.

  • Plus du tiers des entreprises sont préoccupées par le vieillissement de leurs employés. Malgré tout, seulement 19 % des entreprises ont développé une planification des départs à la retraite. De plus, 29 % des entreprises ne disposent pas de plan de relève pour leurs dirigeants ou leurs propriétaires.
La CRÉ affirme que cette étude se veut un outil de développement important pour les intervenants socioéconomiques et les entreprises de la région. La version intégrale peut être consultée sur le site Internet de la CRÉ.

jeudi 23 octobre 2008

Réalisme ou utopisme ?

Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles
De la grande visite était de passage dans la Vieille Capitale, la fin de semaine dernière, à l'occasion du Sommet de la Francophonie. En effet, l'escale du président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, aura fait bien des vagues. Elle aura même ouvert les voiles vers une meilleure mobilité professionnelle entre le Québec et la France.

Avec la signature de l'Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, plusieurs organisations s'engagent à faciliter et accélérer l'accès à leur secteur d'activité. Au Québec, c'est notamment le cas du Barreau, du Collège des médecins, de l'Ordre des architectes, de l'Ordre des arpenteurs-géomètres, de l'Ordre des comptables agréés, de l'Ordre des comptables généraux licenciés, de l'Ordre des dentistes, de l'Ordre des ingénieurs, de l'Ordre des médecins vétérinaires, de l'Ordre des pharmaciens, de l'Ordre des sages-femmes et de l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux, qui ont décidé de s'entendre avec leurs homologues français sur la reconnaîssance de leurs compétences professionnelles.

Mais avant la concrétisation de cette entente, plusieurs étapes s'imposent. Tout d'abord, les autorités françaises et québécoises chargées de la réglementation pour chaque métier et profession doivent s'entendre sur les conditions d'un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM). Une trentaine de métiers et de professions prévoient y parvenir d'ici un an. Pour les autres, les travaux se poursuivront encore jusqu'en décembre 2010. L'arrimage de la formation et de l'expérience professionnelle entre les Français et les Québécois se fera-t-il simplement dans tous les métiers et professions visés ?

Il y a encore du travail sur la table, car, même une fois l’ARM d'un métier ou d'une profession conclu, quelques mois seront nécessaires pour procéder à l'adoption d'un règlement assurant son entrée en vigueur.

Pour mieux s'établir ou mieux partir...
L'Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles est une première entre l'Europe et l'Amérique ! Elle donne certainement des saveurs de modernisme aux autorités politiques qui démontrent à travers elle leur ouverture sur le monde pour faire face aux défis de la main-d'œuvre. « Grâce à cette entente nous comptons réduire de 50 % à 80 % les délais requis jusqu’à ce jour pour l’obtention du permis d’exercice », a fait savoir la ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay.

En effet, au Québec, l'apport de travailleurs qualifiés provenant d'ailleurs est sans conteste à privilégier. Il s'agit de l'une des solutions envisagées pour atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs d'activité. Mais cette entente parviendra-t-elle vraiment à augmenter l'attraction des travailleurs étrangers pour une région comme Chaudière-Appalaches, qui connaît un marché de l'emploi effervescent mais qui accueille à peine 0,3 % de la population immigrante au Québec (source : Conférence régionale des élus de la Chaudière-Appalaches, octobre 2007) ? Plus encore, cette entente vise la mobilité de la main-d'oeuvre qualifiée, celle qui se veut de plus en plus encline à vouloir vivre l'international et qui, dès lors, pourra facilement décider entre partir ou s'établir ici. Ne risque-t-on pas de voir s'envoler plusieurs de nos talents ? Le bilan des départs à l'étranger et des arrivées dans nos contrées sera-t-il positif ou négatif ? Matière à réflexion et à réaction !

Pour en savoir plus sur l'entente, consultez :

mercredi 1 octobre 2008

Taux de chômage en chute libre

Quand la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches font bande à part !
Des chiffres publiés sur les taux de chômage régionaux démontrent que la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches se démarquent de la moyenne québécoise.

La Belle province affiche dans son ensemble un taux de chômage de 7,7 %. Pourtant, la Vieille Capitale a vu, du début à la fin de l'été, son taux de chômage passer de 4,7 à 4,1 %. Dans la région de la Chaudière-Appalaches, les chiffres sont également impressionnants. Malgré des pertes d'emploi dans le secteur manufacturier, la région a enregistré, à l'aube de la période automnale, un taux de chômage de 3,7 %, soit une chute de 0,2 % comparitivement à deux mois plus tôt.

Du point de vue des chercheurs d'emploi, ces données sont très encourageantes. Notamment, les secteurs des services professionnels, scientifiques et techniques connaissent une forte hausse d'emploi. Mais en ce qui concerne les entreprises, le faible taux de chomâge peut-il s'avèrer inquiétant ? Le fait est que la baisse de relève potentielle aux divers postes à combler donne déjà du fil à retordre à nombreux employeurs. La marge de manoeuvre des employeurs à la recherche de candidats était-elle de plus en plus mince au fur et à mesure que chute le taux de chômage ?

Dans une nouvelle publiée sur le site de Radio-Canada, en septembre dernier, on nuance les faibles taux de chômage enregistrés dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. On explique que, pendant la saison estivale, « les gens se trouvent des emplois moins rémunérés et moins stables dans le domaine de la construction ou encore des services. Les personnes qui perdent leur emploi dans les usines se cherchent souvent deux ou trois petits emplois dans le secteur tertiaire. » L'explication est très intéressante, mais il ne faudrait également pas perdre de vue la vigueur économique que connaissent ces deux régions. Tout compte fait, ces chiffres mériteront d'être revisités un peu plus tard cette saison...

mercredi 17 septembre 2008

Le Pacte pour l'emploi dans la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches

Des investissements et des objectifs pour 2011
Lancé en mars dernier, le gouvernement du Québec annonçait ses ambitions de réduire de 50 000 le nombre de prestataires de l'assistance sociale et de former 250 000 travailleurs de plus à la grandeur de la province dans le cadre de son Pacte pour l'emploi. Le sujet avait d'ailleurs fait l'objet d'une chronique dans le présent blogue (voir « Le Pacte pour l'emploi... À suivre ! »).

Ce projet d'ampleur provincial, estimé à près d'un milliard de dollars, se décline en une série d'investissements régionaux que le ministre de l'emploi et de la Solidarité sociale, M. Sam Hamad, dévoile ce mois-ci. Le volet régional du Pacte de l'emploi a été annoncé aux cours des derniers jours dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Nous vous présentons ici les annonces qui ont été faites afin de stimuler la participation au marché du travail et la productivité de nos entreprises.

La Capitale-Nationale : 72,2 M$ et 63 000 postes à combler
Un investissement de 72,2 M$ réparti sur trois ans (42,2 M$ proviennent du gouvernement du Québec et 30 M$ du secteur privé) sera octroyé à la région de Capitale-Nationale, où quelque 63 000 postes devront être combler d'ici 2011. « Le Québec de demain ne manquera pas de travail, mais de travailleurs, a affirmé le ministre Sam Hamad. Paradoxalement, on estime à 25 000 le nombre de personnes disponibles au travail dans la Capitale-Nationale. »

Ainsi, dans la Capitale-Nationale, ces sommes serviront à atteindre les objectifs suivants :
  • réduire de 6 600 le nombre de prestataires des programmes d'assistance sociale dans la région;
  • augmenter de 3 900 le nombre de personnes desservies dans la région par les services publics d'emploi dans leur démarche d'insertion en emploi ou de formation;
  • soutenir 430 entreprises additionnelles de la région pour répondre à leurs besoins de formation et leur recherche d'une plus grande productivité;
  • rejoindre dans la région un potentiel de 18 000 travailleurs en entreprises pour le rehaussement de leurs qualifications ou la reconnaissance de leurs compétences.
La Chaudière-Appalaches : 58 M $ et 35 000 postes à pourvoir
La région de la Chaudière-Appalaches recevra, pour sa part, une aide de 58 M$ (dont 26,7 M$ sont du gouvernement du Québec et 31,7 M$ du secteur privé) au cours des trois prochaines années pour réaliser le Pacte pour l'emploi. Plus de 35 000 postes seront disponibles d'ici 2011 dans la région, alors que 15 000 personnes sont jugées aptes au travail. Ces personnes sont principalement des chômeurs, des personnes handicapées et des prestataires de l'aide sociale. Ils pourront notamment profiter d'une prime à l'emploi, de formation ou d'assistance dans leur démarche d'insertion en emploi.

En somme, d'ici 2011, avec le déploiement du Pacte pour l'emploi, la Chaudière-Appalaches entend :
  • réduire de 1 000 le nombre de prestataires des programmes d'assistance sociale dans la région;
  • augmenter de 1 600 le nombre de personnes desservies dans la région par les services publics d'emploi dans leur démarche d'insertion en emploi ou de formation;
  • soutenir 200 entreprises additionnelles de la région pour répondre à leurs besoins de formation et leur recherche d'une plus grande productivité;
  • rejoindre dans la région un potentiel de 18 000 travailleurs et travailleuses en entreprises pour le rehaussement de leurs qualifications ou la reconnaissance de leurs compétences.