mercredi 26 mars 2008

Le Pacte pour l'emploi... À suivre !

Annoncé plus tôt la semaine dernière, le Pacte pour l’emploi du gouvernement du Québec a soulevé plusieurs réactions dans les médias. Dévoilant cet investissement de près d’un milliard de dollars réparti sur trois ans, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Sam Hamad, affirme : « Jamais un gouvernement n’est allé aussi loin pour élargir l’accès au marché du travail, valoriser l’emploi et accroître le niveau de compétence et de performance de la main-d’œuvre. »

Parmi ses objectifs, le Pacte pour l’emploi entend, d’ici 2011, réduire de 50 000 le nombre de prestataires des programmes d’assistance sociale et permettre à 250 000 travailleurs de plus en entreprise de rehausser leur niveau de qualification et leurs compétences. Pour ce faire, le Pacte pour l’emploi s’appuie sur plusieurs incitatifs financiers. En voici quelques-uns tirés du communiqué de presse :
  • Les Démarcheurs d'emploi, un incitatif financier et un accompagnement vers l'emploi pour les nouveaux arrivants aux programmes d'assistance sociale et ceux qui font des entrées et sorties répétitives à ces programmes.
  • Le crédit d'impôt remboursable pour stage en milieu de travail sera porté à 40 % pour les employeurs qui embauchent des personnes immigrantes et des personnes handicapées (au lieu de 30 % actuellement).
  • L'allocation d'aide à l'emploi est majorée de 130 $ à près de 200 $ par mois.
  • Les budgets et les participations au programme PRIIME visant l'intégration en emploi des personnes immigrantes seront doublés.
  • Un supplément à la prime au travail d'une durée de 12 mois pour les prestataires de l'aide sociale éloignés du marché du travail quittant l'assistance sociale pour un emploi sera instauré.
  • Dès juin 2009, les ménages sans enfant bénéficieront du versement anticipé de la Prime au travail.
  • Des amendements à la Loi sur les régimes complémentaires de retraite seront proposés pour qu'un travailleur de plus de 55 ans puisse continuer de travailler tout en percevant une partie de sa rente de retraite et en bonifiant cette rente.

Avec sa série d’incitatifs au travail, qui seront instaurés progressivement dans toutes les régions du Québec à partir du 1er avril prochain, le Pacte pour l’emploi veut contribuer à combler les 1,3 million d'emplois à pourvoir au Québec d'ici 2016. Mais l’argent n’achète pas tout… La motivation et le goût de se dépasser sont à la base même de la réussite professionnelle. Et qu’est-ce qu’un pacte ? Une entente solennelle conclue entre deux ou plusieurs parties !

Espérons que les autres parties – ces quelque 400 000 personnes présentement inactives mais que l’on qualifie disponibles au travail – seront au rendez-vous et qu’elles profiteront de cette ouverture vers le marché de l’emploi. Dans le cas contraire, le Pacte sera davantage qu’un beau discours… À suivre !

mercredi 19 mars 2008

On passe au salon ?

Dans le paysage de l’événementiel, les salons et autres événements de l’emploi semblent se multiplier. Le Rendez-vous emploi Lotbinière, à Saint-Apollinaire (les 28 et 29 mars), la Foire de l’emploi, à Québec (les 11 et 12 avril), la Foire de l'emploi Beauce-Etchemin, à Saint-Georges (les 18 et 19 avril), et le Salon Éducation Emploi (qui tiendra sa 14e édition du 29 octobre au 1re novembre 2008) figurent à l’agenda des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Et, à cela, s’ajoute une diversité de salons spécialisés organisés notamment par les comités sectoriels de main-d’œuvre et les établissements d’enseignement.

Bien souvent, en plus des divers postes à combler, ces événements permettent de rencontrer des professionnels dans le domaine de l’orientation ainsi que des responsables de programmes d’études offrant de belles perspectives de carrière. Mais, croyez-vous que les salons de l’emploi sont trop nombreux ? Est-ce que la formule « salon de l’emploi » répond aux besoins des chercheurs d’emploi et des employeurs en quête de nouveaux talents ?

Malgré ses quelque 17 00 visiteurs qu’il attire à chacune de ses éditions (deux fois par année), un événement d’envergure comme celui du Salon Emploi Formation de Montréal note une légère baisse de sa clientèle. Le fait est que les organisateurs doivent rivaliser d’originalité et de nouveautés pour se démarquer les uns des autres; et, ainsi, attirer les visiteurs et les recruteurs, qui investissent des sommes considérables pour s’afficher et assurer leur présence durant les jours de l’événement.

Quoi qu’il en soit, à l’heure du Web, où la transmission en ligne de CV et de dossiers de candidatures se fait avec une facilité et une rapidité étonnante, il est tout de même réconfortant de voir que l’on accorde encore de l’importance aux avantages du contact humain pour orienter ou réorienter sa carrière ! Cela dit, seriez-vous sur les lieux du prochain salon de l’emploi ?

mardi 11 mars 2008

Rapport de forces et de faiblesses

Ne faisons pas l’autruche, certaines industries vivent des moments difficiles. La tempête frappe… Et cela n’a rien à voir avec la météo ! L'appréciation du dollar canadien, l'intensification de la concurrence étrangère et les coûts de production qui grimpent, alors que le prix de vente de certains produits est en chute, frappent de plein fouet les industries porcine, forestière et manufacturière.

Des contrats sont délaissés, des usines fermées et des emplois suspendus, parfois même perdus. Devant l’urgence de porter secours à ces secteurs durement touchés, on demande aux instances de réagir à coups d’investissements, de plans d’action et de programmes de soutien. Est-ce suffisant pour contribuer à rendre ces entreprises plus productives et surtout plus compétitives à long terme ? Pour la santé de notre économie, serait-il plus avantageux d’investir davantage dans les industries émergentes ou encore dans celles en moins bonne posture ? Je suis mitigée.

Curieusement, cela m’amène à m’interroger sur l’utilisation que l’on fait de ses propres ressources pour tracer son chemin de carrière et ainsi trouver sa place au soleil (car on espère qu’elle existe !) sur le marché du travail. Nous investissons beaucoup d’énergies afin de devenir meilleur dans des activités pour lesquelles la réussite nous échappe. Mais, pour se trouver un emploi, améliorer sa vie professionnelle, réorienter sa carrière, se démarquer en entrevue, etc., devrions-nous miser davantage sur nos forces ou persévérer à combattre nos faiblesses ?

mardi 26 février 2008

Je veux une autre job !

On frôle le plein emploi et pourtant elles sont encore nombreuses les personnes à fureter les sites spécialisés sur le marché du travail, à passer en revue les affichages de postes ou à mettre en ligne leur CV. Même à l’emploi d’une entreprise, une personne magasine les opportunités. Il est vrai que l’adéquation « une carrière, une job » est de plus en plus rare. Des spécialistes avancent que les gens occuperont en moyenne de sept à neuf emplois au cours de leur vie professionnelle.

Pourquoi ? Que recherche-t-on ? Qu’est-ce qui nous incite à dire « bye, bye boss » ? On décrie souvent le manque de loyauté des jeunes travailleurs ! Je me souviens lors d’une entrevue réalisée avec M. Laurent Matte, président, secteur orientation, à l'Ordre des conseillers et conseillères d'orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OCCOPPQ) que celui-ci affirmait : « Sur le marché du travail, nous sommes comme des agents libres qui renégocient à divers instants leur positionnement. Que ce soit à cause d'une mise à pied ou encore du désir de relever de nouveaux défis, les gens changent d'emploi beaucoup plus fréquemment. Le sentiment de loyauté qui existait autrefois entre l'employeur et l'employé s'effrite. De plus, même à l'intérieur d'une entreprise, la nature d'un travail peut subir d'importantes transformations - technologiques, organisationnelles, etc. Bref, cette ère de changements nous pousse inévitablement à revoir nos choix. »

Je regarde les exemples autour de moi. L’une de mes cousines a changé deux fois d’emploi avant de décider de mener sa petite affaire. Et que dire de ce collègue de travail qui est en perpétuelle quête d’un poste à sa mesure ? Moi, j’ai dit « bye, bye » une fois. Une occasion s’est présentée. J’ai pesé le pour et le contre : les perspectives d’avancement, les apprentissages en continu, les valeurs de l’entreprise et de l’employeur, le lot de responsabilités qui correspondaient davantage à mes intérêts et à mes compétences, etc. Et le salaire ? Un peu tout de même.

D’ailleurs, au chapitre des facteurs qui motivent les gens à changer d’emploi ou de carrière, l’attrait de nouvelles responsabilités et de défis plus stimulants devancerait de loin d’autres considérations, tels le salaire et les conditions de travail.

À l’aube de sa retraite, une personne aura consacré une bonne partie de sa vie à sa carrière, et plus encore si on calcule les années qu’elle aura investies à apprendre son métier. En ce sens, n’est-il pas normal d’être aux aguets, de tenir son CV à jour et d’oser jeter un coup d’œil pour savoir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs ?

mardi 19 février 2008

Le travail, c'est la santé

Au cours des dernières années, les retraites anticipées ont séduit bon nombre de travailleurs à quitter plus hâtivement le marché de l’emploi. Mais la situation se renverse. De plus en plus de personnes retraitées poursuivent ou reprennent le chemin du travail.

Selon Emploi-Québec, le taux d’activité des personnes âgées de 55 à 64 ans, après avoir chuté à 40 % au milieu dans les années 1990, s’est élevé à 52 % en 2006. Par contre, il est à noter que la participation des Québécois plus âgés au marché du travail demeure encore plus faible qu’ailleurs en Amérique du Nord.

Pour l’économie d’un pays, le travail d’un plus grand nombre est inhérent à sa santé ! Cela est évident. Comme nombreux départs à la retraite des baby-boomers ne seront pas remplacés par l’arrivée de nouveaux travailleurs, des pressions s’exerceront sur les régimes de retraite. La Régie des rentes du Québec estime que le nombre de bénéficiaires augmentera de 19 % d’ici 2011 et de 90 % d’ici 2030. Pour remédier à ce problème, l’Institut économique de Montréal propose de repousser à 67 ans l’âge normal de la retraite. Cette solution a notamment été adoptée aux États-Unis et en Allemagne. Certains sont pour, d’autres sont contre.

Tout compte fait, du côté des employeurs, qui peinent à trouver la main-d’œuvre qualifiée, il peut être intéressant de retenir ou de voir revenir les travailleurs plus âgés. Il s’agit en effet d’un bassin de travailleurs en mesure de réaliser des mandats ponctuels, du remplacement de personnel et, surtout, de transmettre leurs connaissances et leur savoir-faire à la relève.

Et pour ces travailleurs retraités ou en voie de l’être travailler plus longuement peut certainement comporter des avantages, si cela répond à leur désir de demeurer actifs, de rencontrer des gens, d’avoir un revenu plus satisfaisant, d’offrir leur service comme travailleur autonome, de satisfaire des ambitions de carrière non réalisées, etc.

Après tout « Le travail c’est la santé », chantait Henri Salvador. Mais ne répliquait-il pas aussi à la désinvolte que « Ne rien faire c’est la conserver ! ». Ah ! J’oubliais ! C’est que ce cher Henri, cet artiste qui cessa ses tournées après 70 ans de carrière, deux mois avant de s’éteindre à l’âge de 90 ans, ne travaillait pas. Il l’évoquait si aisément et si justement : « Moi, je ne travaille pas. Je fais ce qui me plaît » !