jeudi 6 novembre 2008

Postes qualifiés plus que jamais difficiles à combler

Une nouvelle étude sur les besoins de main-d'oeuvre dans Chaudière-Appalaches

Face aux inquiétantes projections démographiques, on voit de plus en plus défiler des études qui tentent de mieux comprendre, mais surtout de trouver des pistes d'action pour contrer les effets de la pénurie de main-d'oeuvre au Québec.

L'une des dernières études publiées touche la région de la Chaudière-Appalaches, où près de 35 000 postes seront à combler d’ici 2011. Menée par la Conférence régionale des élus de la Chaudière-Appalaches (CRÉ) et Emploi-Québec Chaudière-Appalaches, l'Enquête sur les besoins de main-d'oeuvre et les caractéristiques des entreprises de la région de la Chaudière-Appalaches présente des données recueillies, au cours de l'année 2007, auprès de 2 194 entreprises composées de plus de cinq employés. L'intérêt de cette enquête est qu'elle apporte de nouvelles données (tels les postes vacants, les intentions d’embauches, la formation, les départs à la retraite, la gestion des ressources humaines, etc.) sur les caractéristiques des secteurs d'activités et des MRC de notre région.

Nous vous présentons, en guise de résumé, quelques données intéressantes ressorties par l'enquête :
  • La région de la Chaudière-Appalaches compte une importante proportion d'entreprises de petite taille : au moment de l'enquête, 66 % comptaient moins de 20 employés alors que 13 % en comptait plus de 50.

  • Près du tiers des entreprises subissent des variations saisonnières d'emplois.

  • Plus de 20 % des entreprises indiquent que leur nombre d'employés est en augmentation alors que 2,5 % indiquent une décroissance de l'emploi.

  • Lors de l'enquête 1 267 postes étaient vacants : 58,9 % étaient des nouveaux postes et 32,7 % des remplacements définitifs (retraite, départ volontaire, congédiement, etc.). De plus, les entreprises interrogées ont mentionné vouloir embaucher 2 847 personnes au cours de la prochaine année.

  • Une proportion encore importante de postes à pourvoir nécessite peu de scolarité ou d'expérience : on constate que près de 32 % des postes à combler dans la prochaine année ne nécessiteront aucune scolarité et pour 42 % aucune expérience. Toutefois les postes encore vacants présentent des proportions plus élevées de postes nécessitant scolarité et expérience (21,3 % exigent un diplôme d'études professionnelles, 18,6 % un diplôme d'études collégiales et 13,5% un diplôme universitaire).

  • Tout secteur d'activité confondu, la difficulté à recruter des employés qualifiés et compétents figure en tête de liste des problèmes rencontrés en gestion des ressources humaines. C'est le cas de 63 % des entreprises.

  • Plusieurs métiers relativement spécialisés sont difficiles à combler. Parmi eux, figurent les teinturiers, les finisseurs de produits textiles, les ingénieurs, les surveillants à la fabrication, les techniciens en mécanique, les opérateurs de machines et les estimateurs en construction.

  • Parmi les moyens utilisés par les entreprises pour pourvoir leurs besoins de main-d'œuvre, la recommandation de candidats par une personne oeuvrant dans l'établissement arrive devant les banques de CV des entreprises et l'affichage de postes dans les journaux.

  • Plus du tiers des entreprises sont préoccupées par le vieillissement de leurs employés. Malgré tout, seulement 19 % des entreprises ont développé une planification des départs à la retraite. De plus, 29 % des entreprises ne disposent pas de plan de relève pour leurs dirigeants ou leurs propriétaires.
La CRÉ affirme que cette étude se veut un outil de développement important pour les intervenants socioéconomiques et les entreprises de la région. La version intégrale peut être consultée sur le site Internet de la CRÉ.